Appareil
P-51 Mustang
North American AviationÉtats-Unis
- Rôle :
- Chasseur monoplace à long rayon d'action
- Premier vol :
- 1940
313kt
Vitesse de croisière
1 434nm
Distance franchissable
Général
- Rôle :
- Chasseur monoplace à long rayon d'action
- Statut :
- Retiré du service
Programme
- Premier vol :
- 26 octobre 1940
- Mise en service :
- 1942
- Production :
- 1940 to 1945
- Exemplaires construits :
- 15 875
Équipage et capacité
- Équipage :
- 1
Dimensions
- Longueur :
- 32 ft
- Hauteur :
- 14 ft
- Envergure :
- 37 ft
- Surface alaire :
- 235 ft²
Masses
- Masse à vide :
- 7 639 lb
- Masse maximale au décollage :
- 12 103 lb
Groupe motopropulseur
- Motorisation :
- 1 × Packard V-1650-7 (Rolls-Royce Merlin), V12 à refroidissement liquide, 1 490 ch (1 720 ch en régime de guerre)
Performances
- Vitesse maximale :
- 380 kt
- Plafond :
- 41 896 ft
Prix
- Neuf en 1944 :
- 51 572 $US
- Marché d’occasion :
- 1 000 000 $US – 4,5 M $US
Au 2025-08. Voir les références.

Le North American P-51 Mustang était un chasseur monoplace à long rayon d'action conçu et construit par North American Aviation, qui vola pour la première fois le 26 octobre 1940 et entra au combat avec la Royal Air Force en 1942. Conçu à la demande britannique et dessiné pour l'essentiel en quelques semaines, il devint le chasseur américain de référence de la Seconde Guerre mondiale, la production totale toutes versions confondues atteignant environ 15 000 cellules.
La caractéristique déterminante de la cellule était une aile à écoulement laminaire, développée avec la NACA, qui réduisait la traînée à haute vitesse. Associée d'abord à un moteur Allison qui s'essoufflait au-dessus d'environ 15 000 ft, le Mustang ne devint l'appareil dont on se souvient qu'en 1942, lorsqu'un pilote d'essai de Rolls-Royce en pilota un et suggéra d'y installer un Merlin. Le P-51B qui en résulta transforma un chasseur compétent à basse altitude en un appareil capable de surpasser les meilleurs chasseurs allemands aux altitudes où volaient les bombardiers américains.
Ce qui rendit le Mustang décisif ne tenait pas à une seule qualité mais à la combinaison de deux : les performances du Merlin et, avec des réservoirs largables, une autonomie suffisante pour escorter les B-17 et B-24 de l'Angleterre à Berlin et retour. Aucun chasseur allié antérieur ne pouvait réunir les deux. Dès le début de 1944, cette combinaison permit à la Eighth Air Force de combattre la Luftwaffe au-dessus de son propre territoire de façon soutenue, à un coût que la chasse allemande ne put absorber.
On crédite souvent le Mustang, en raccourci, d'avoir gagné à lui seul la guerre aérienne en Europe, une affirmation qui aplatit une histoire plus compliquée, faite d'attrition, de formation des pilotes, de pénuries de carburant, et du rôle du P-47 et du P-38, qui assurèrent leurs propres missions d'escorte avant que le Mustang n'arrive en nombre. Son héritage le plus défendable est plus étroit, mais reste considérable : ce fut l'appareil qui permit enfin aux bombardiers américains de pénétrer profondément en Allemagne accompagnés d'un chasseur de bout en bout, et il continua de servir jusque dans l'ère du jet, menant des missions d'attaque au sol en Corée une décennie après son premier vol.
Histoire
Mustang Mk ILe Mustang doit son existence à des achats britanniques. En avril 1940, la British Purchasing Commission, qui achetait des avions aux États-Unis pour compenser les insuffisances de la production de la RAF, demanda à North American Aviation de construire des Curtiss P-40 sous licence. Le président de North American, Dutch Kindelberger, proposa à la place de concevoir un chasseur nouveau et meilleur autour du même moteur Allison, et de le faire assez vite pour que l'offre soit crédible. Le prototype, le NA-73X, sortit d'usine en septembre 1940 et vola le 26 octobre, un rythme encore cité aujourd'hui comme preuve de ce qu'un constructeur déterminé pouvait accomplir hors du cycle habituel des marchés publics en temps de paix, même si la cellule qui atteignit ce premier vol n'avait ni armement, ni équipement de combat, ni, au départ, son propre moteur installé.
P-51DLa RAF mit l'appareil en service sous le nom de Mustang Mk I en 1942, principalement dans le rôle de reconnaissance tactique à basse altitude et de coopération avec l'armée auquel son moteur Allison le destinait, au-delà d'environ 15 000 ft, la puissance chutait et il ne pouvait plus rivaliser comme chasseur. Le tournant survint en avril 1942, lorsque le pilote d'essai de Rolls-Royce Ronnie Harker pilota un Mustang Mk I et estima que, remotorisé avec un Merlin, il serait exceptionnel. Des conversions d'essai le confirmèrent : un Merlin 61 doté d'un compresseur à deux étages et deux vitesses restaura la puissance en haute altitude et transforma le domaine de vol de l'appareil.
P-51DÀ partir de décembre 1943, le P-51B à moteur Merlin entra au combat avec la Eighth Air Force américaine et, muni de réservoirs largables, put escorter les bombardiers lourds jusqu'à Berlin et retour, le premier chasseur allié capable d'un tel exploit. Son arrivée coïncida avec la campagne diurne soutenue contre la Luftwaffe au début de 1944, y compris les combats aériens de la « Big Week » en février, et y contribua matériellement. Les pertes de bombardiers américains chutèrent nettement dès que les chasseurs d'escorte purent rester avec les formations de bout en bout.
Le Mustang ne combattit pas uniquement au-dessus de l'Allemagne. Le 332nd Fighter Group, entièrement noir, les Tuskegee Airmen, pilota des P-51 à dérive rouge en missions d'escorte à partir du milieu de 1944, et des Mustang servirent en Méditerranée comme dans le Pacifique. Après 1945, il resta un chasseur de première ligne dans des dizaines d'armées de l'air, et lorsque la guerre reprit en Corée en 1950, redésigné F-51D, il mena des missions d'attaque au sol dans un conflit que ses concepteurs n'auraient pu anticiper une décennie plus tôt.
Développement
XP-51L'équipe d'ingénieurs de North American, dirigée par Edgar Schmued, construisit le NA-73X autour de deux choix plus déterminants que tout ce qui était visible en surface. Le premier était un profil d'aile à écoulement laminaire développé avec le National Advisory Committee for Aeronautics (NACA), dont le profil de pression plus lisse réduisait la traînée à vitesse élevée bien au-delà des pertes marginales de maniabilité à basse vitesse. Le second était le positionnement du radiateur de liquide de refroidissement dans un conduit sous le fuselage arrière, façonné pour exploiter l'effet Meredith, l'air réchauffé par le radiateur et expulsé par le conduit produisait une petite quantité de poussée, compensant une bonne partie de la traînée que le radiateur aurait autrement engendrée. Aucune de ces idées n'était propre au Mustang, mais peu d'avions les combinèrent avec autant de netteté.

Le plafond de la cellule, cependant, était fixé par son moteur. L'Allison V-1710, dépourvu de compresseur à deux étages, perdait fortement de la puissance au-dessus d'environ 15 000 ft, et aucun raffinement aérodynamique ne pouvait y remédier. Les conversions Merlin de 1942 changèrent radicalement la donne : le compresseur à deux étages et deux vitesses du Merlin 61 maintenait la puissance en altitude, et le P-51B qui en résulta se révéla, lors d'essais menés à la mi-1943, plus rapide que le Spitfire IX à la plupart des altitudes pour une consommation à peine supérieure, avec un rayon d'action bien plus grand.
Le dernier changement majeur de cellule survint avec le P-51D. L'expérience du combat au-dessus de l'Europe fit de la mauvaise visibilité arrière de l'ancienne verrière à montants, en dos de tortue, une faiblesse qu'il valait la peine de corriger, et North American abaissa le fuselage arrière et installa une verrière bulle, au prix d'une réduction de la surface de dérive. La perte de stabilité directionnelle qui en résulta fut suffisamment sérieuse pour qu'une petite dérive dorsale soit ajoutée devant l'empennage sur la chaîne de production, puis montée rétroactivement sur les premiers P-51D, afin de restaurer une maniabilité correcte : une solution trouvée seulement après que la refonte fut déjà entrée en service.
Conception
P-51DLe P-51D était un monoplan à aile basse, de construction entièrement métallique à revêtement travaillant, armé de six mitrailleuses Browning de 12,7 mm en voilure (les premières versions en comptaient quatre) et capable d'emporter bombes ou roquettes sur des points d'emport sous voilure dans le rôle de chasseur-bombardier. Son aile, montée avec un léger dièdre, abritait des réservoirs de carburant auto-obturants et, à partir du P-51B, des pylônes pour réservoirs largables qui doublaient à peu près le rayon d'action en mission de combat.
Le poste de pilotage était installé assez en avant, devant un réservoir de fuselage ajouté sur le modèle D qui allongeait encore l'autonomie, au prix d'un centrage arrière pénalisant la maniabilité tant qu'il n'était pas vidé. La verrière bulle du D et des versions suivantes offrait au pilote une visibilité presque totale, un compromis délibéré face au meilleur profilage de l'ancienne verrière à montants. La finition restait sobre plutôt que soignée : c'était un appareil construit selon un calendrier de production de guerre, non selon des standards de salon, mais les pilotes jugeaient constamment sa maniabilité légère, stable et indulgente pour un appareil de ce niveau de performance, sans les décrochages vicieux que certains contemporains pouvaient présenter en virage serré.
Caractéristiques techniques
P-51BLe P-51D était propulsé par un unique Packard V-1650-7, version construite sous licence aux États-Unis du Rolls-Royce Merlin, un V12 à refroidissement liquide donné pour 1 490 ch et jusqu'à 1 720 ch en régime de guerre, entraînant une hélice quadripale. La vitesse maximale était d'environ 380 kt à 25 000 ft, avec un plafond opérationnel proche de 41 900 ft et un rayon d'action d'environ 1 434 nm avec réservoirs largables : des chiffres qui en faisaient, lors de son introduction, un appareil plus rapide et à plus grande portée en altitude que tout chasseur allié qui l'avait précédé en nombre.
La masse à vide avoisinait 7 639 lb et la masse maximale au décollage environ 12 100 lb, donnant une charge alaire qui, combinée à l'aile à écoulement laminaire, privilégiait la stabilité à haute vitesse plutôt que le rayon de virage le plus serré possible, l'inverse du compromis retenu pour l'aile elliptique du Spitfire. L'armement du modèle D comprenait six mitrailleuses Browning de 12,7 mm avec jusqu'à 1 880 cartouches, complétées par des points d'emport sous voilure pour bombes ou roquettes dans le rôle de chasseur-bombardier.
Service militaire
P-51B/CLe rôle central du Mustang pendant la guerre fut l'escorte à long rayon d'action. Dès le début de 1944, les Eighth et Ninth Air Forces utilisèrent des P-51B, C et D pour accompagner les formations de B-17 et B-24 profondément en Allemagne, combattant les intercepteurs de la Luftwaffe au-dessus de leurs propres terrains plutôt que seulement au-dessus des côtes. La doctrine du Fighter Command évolua en conséquence : les chasseurs d'escorte furent de plus en plus libérés pour chasser plutôt que maintenus en formation serrée, et les pertes de pilotes de la Luftwaffe grimpèrent en 1944 à un rythme que sa filière de formation ne pouvait plus compenser.
P-51DLe 332nd Fighter Group, les Tuskegee Airmen, pilota des Mustang à dérive rouge en missions d'escorte au-dessus de l'Europe à partir du milieu de 1944, au sein d'une unité qui avait déjà fait ses preuves sur P-40 puis P-47 en Méditerranée ; l'estime des équipages de bombardiers pour le bilan d'escorte du groupe devint l'un des récits les plus durables de la guerre, même si des travaux historiques ultérieurs ont nuancé certaines des affirmations précises formulées à l'époque. Des Mustang volèrent aussi depuis la Corse et l'Italie avec la Fifteenth Air Force, et sur le théâtre du Pacifique depuis Iwo Jima, escortant les B-29 vers le Japon à la limite du rayon d'action de l'appareil.
Après 1945, le Mustang resta un chasseur de première ligne pour l'US Air Force et des dizaines d'armées de l'air alliées. Lorsque la guerre de Corée éclata en 1950, des F-51D, nouvelle désignation, furent hâtivement remis en service, certains prélevés sur des unités de la Garde nationale aérienne, assurant l'appui aérien rapproché et l'interdiction plutôt que le rôle de supériorité aérienne qui avait défini l'appareil en 1944, les avions à réaction assumant désormais le combat de chasse. Le No. 77 Squadron de la RAAF pilota des Mustang depuis le Japon en missions au-dessus de la Corée durant les premiers mois de la guerre, avant de passer sur Gloster Meteor.
Production

North American construisit des Mustang à Inglewood, en Californie, et à Dallas, au Texas, la production totale toutes versions confondues, du Mustang I à moteur Allison jusqu'au P-51H, étant généralement estimée entre 15 000 et 16 000 cellules, le chiffre exact dépendant des sous-versions et des appareils construits sous licence pris en compte. La production s'étala de 1940 à 1945, faisant de lui, aux côtés du Spitfire et du Bf 109, l'un des chasseurs les plus produits de la guerre, quoique loin derrière les chiffres atteints par les modèles uniques les plus construits.
La fabrication s'accéléra nettement une fois la conversion Merlin ayant fait ses preuves : les P-51B et C, construits respectivement à Inglewood et à Dallas, ne différaient que par leur usine d'origine, et le modèle D qui suivit devint de loin la version de Mustang la plus produite. La production se réduisit progressivement en 1945 à mesure que la guerre prenait fin, une petite série supplémentaire du P-51H allégé se poursuivant brièvement en temps de paix avant que North American ne réoriente ses chaînes vers les avions à réaction.
Opérateurs
P-51DLes United States Army Air Forces, puis à partir de 1947 l'US Air Force, exploitèrent le Mustang en plus grand nombre que tout autre utilisateur, tout au long de la Seconde Guerre mondiale puis pendant la guerre de Corée sous la désignation F-51D. La Royal Air Force en fut le premier opérateur, pilotant les versions Mustang Mk I à Mk IV à partir de 1942, d'abord dans le rôle de reconnaissance tactique auquel se prêtaient ses versions à moteur Allison, puis, avec la puissance du Merlin, dans l'escorte de bombardiers et le chasseur-bombardier au-dessus de l'Europe occupée.
F-51DAu-delà de ses deux principaux utilisateurs, le Mustang équipa des armées de l'air à travers le Commonwealth, l'Amérique latine et l'Asie jusque dans les années 1950 et, dans quelques cas, bien plus longtemps encore, des Mustang de la République dominicaine restèrent en service jusque dans les années 1980, parmi les derniers chasseurs à pistons opérationnels au monde. La Royal Australian Air Force pilota des Mustang au-dessus de la Corée avant de passer aux avions à réaction, et la diffusion de l'appareil après-guerre en fit, pour un temps, l'un des chasseurs les plus largement exploités au monde, portée par les importants stocks excédentaires laissés par la production de guerre.
Records et vols notables
F-51DLe bilan le plus lourd de conséquences du Mustang ne fut pas un record de vitesse ou d'altitude, mais un bilan d'attrition : dès le début de 1944, les groupes de P-51 de la Eighth Air Force furent crédités de la destruction d'un plus grand nombre d'appareils de la Luftwaffe que tout autre type de chasseur allié, un tribut que les historiens considèrent comme décisif pour l'érosion de la force de chasse allemande avant le débarquement de Normandie, bien qu'il ait été obtenu de concert avec les P-47 et P-38 plutôt que par le seul Mustang. Plusieurs pilotes de Mustang, crédités de plus de vingt victoires aériennes, comptent parmi les as américains les plus titrés de la guerre.
Un dérivé de course allégé et spécialement conçu à partir du Mustang, et non un appareil de série de guerre, établit par la suite des records de vitesse en circuit fermé pour avions à moteur à pistons lors des Reno Air Races, un rappel que l'aérodynamique de base de la cellule disposait d'une marge que ses moteurs de guerre n'exploitèrent jamais pleinement. Le F-82 Twin Mustang, dérivé à long rayon d'action né de l'assemblage de deux fuselages de Mustang modifiés, occupe une place particulière dans l'histoire de la guerre de Corée en tant qu'appareil crédité de la première victoire aérienne américaine de ce conflit, le 27 juin 1950.
Postérité
P-51HLe P-51 Mustang est resté dans les mémoires, avec plus de justification que la plupart des affirmations populaires concernant des armes individuelles de la Seconde Guerre mondiale, comme l'appareil qui permit à la campagne de bombardement diurne américaine contre l'Allemagne de se poursuivre à un coût soutenable. Cette réputation repose spécifiquement sur la conversion Merlin et le rayon d'action gagné grâce aux réservoirs largables à partir de fin 1943 : le Mustang à moteur Allison qui entra le premier en service à la RAF était un solide appareil tactique, non un appareil qui gagnait la guerre à lui seul, et il convient d'être honnête sur le fait que la renommée du type tient surtout à ce qu'il devint après la suggestion d'un pilote d'essai de Rolls-Royce en 1942, non à ce que North American livra à l'origine.
Aujourd'hui, il survit en plus grand nombre, en état de vol, que presque tout autre chasseur de la Seconde Guerre mondiale, porté par une économie de restauration et de meetings aériens qui maintient bien plus d'une centaine d'exemplaires en état de navigabilité dans le monde. Ce taux de survie, inhabituel pour un avion de combat produit en masse, a fait du Mustang l'une des incarnations les plus visibles de la puissance aérienne de la Seconde Guerre mondiale pour les publics d'aujourd'hui, sept décennies après que le type a quitté le service de première ligne.
Évolution du modèle



NA-73X / Mustang Mk I
1940La conception d'origine, construite selon une spécification de la British Purchasing Commission et ayant volé pour la première fois le 26 octobre 1940. Propulsé par un Allison V-1710, il entra en service à la RAF en 1942, armé pour la reconnaissance tactique et la coopération avec l'armée plutôt que pour le pur combat aérien.
Introduisit l'aile à écoulement laminaire et le conduit de radiateur à effet Meredith développés avec la NACA, deux éléments conservés dans toutes les versions ultérieures. L'absence de compresseur à deux étages sur le moteur Allison faisait chuter la puissance au-dessus d'environ 15 000 ft, cantonnant l'appareil aux missions tactiques à basse altitude jusqu'à son remotorisation.
Les escadrilles de coopération de la RAF appréciaient sa vitesse et son rayon d'action à basse altitude, mais les pilotes de chasse qui l'opposèrent au Fw 190 le trouvèrent dépassé au-dessus de la moyenne altitude.

P-51A
1943Une version affinée à moteur Allison, construite en plus petit nombre que les versions qui l'entourent, dotée d'un V-1710-81 plus puissant et d'une capacité de carburant interne accrue. Elle restait mieux adaptée à la basse et moyenne altitude et servit surtout sur le théâtre Chine-Birmanie-Inde, ainsi qu'en version de reconnaissance photographique F-6B.
Capacité de carburant interne accrue par rapport au Mk I et armement allégé à quatre mitrailleuses de 12,7 mm, sacrifiant la puissance de feu au profit de la portée et de la vitesse. Construit alors que la conversion Merlin en était encore au stade des essais, il représentait le plafond de ce que la cellule à moteur Allison pouvait atteindre avant que le changement de moteur ne bouleverse tout.



P-51B / P-51C
1943Le Mustang à moteur Merlin qui transforma la réputation de l'appareil, construit à Inglewood sous la désignation B et à Dallas, à l'identique, sous la désignation C. Il entra au combat avec la Eighth Air Force en décembre 1943 et devint, avec ses réservoirs largables, le premier chasseur allié capable d'escorter les bombardiers lourds jusqu'à Berlin et retour.
Remplaça l'Allison par un Merlin Packard V-1650-3 construit sous licence et doté d'un compresseur à deux étages et deux vitesses, et ajouta des points d'emport sous voilure pour réservoirs largables. Le vol effectué en avril 1942 par le pilote d'essai de Rolls-Royce Ronnie Harker à bord d'un Mustang Mk I convainquit Rolls-Royce qu'une conversion au moteur Merlin corrigerait la seule vraie faiblesse de l'appareil : la puissance en haute altitude.
Des essais comparatifs face à un Spitfire IX montrèrent que la cellule convertie était plus rapide à la plupart des altitudes pour une puissance comparable, avec un rayon d'action bien supérieur, un résultat qui redéfinit les choix d'approvisionnement en chasseurs de la Eighth Air Force.




P-51D
1944La version définitive et la plus produite du Mustang, construite en bien plus grand nombre que toute autre version et celle le plus souvent associée à l'appareil aujourd'hui. Elle porta la campagne d'escorte de jour tout au long de 1944 et 1945 et, redésignée F-51D, combattit de nouveau en Corée.
Remplaça la verrière à montants antérieure par une verrière bulle au-dessus d'un fuselage arrière rabaissé pour une visibilité panoramique, ajouta deux mitrailleuses supplémentaires en voilure pour un total de six, et reçut une dérive dorsale devant l'empennage. L'abaissement du fuselage pour la verrière bulle réduisit la surface de dérive et rendit l'appareil instable en lacet, en particulier avec les réservoirs largables installés ; la dérive dorsale fut ajoutée spécifiquement pour y remédier après que le problème se fut manifesté en service.
Les pilotes accueillirent favorablement la meilleure visibilité, mais certaines unités des premiers P-51D signalèrent le problème de dérive avant l'ajout rétroactif de la dérive dorsale ; une fois corrigé, il fut considéré comme le meilleur Mustang toutes qualités confondues de la guerre.

P-51H
1945Une refonte allégée et aérodynamiquement affinée destinée à l'invasion du Japon, parvenue aux unités de combat trop tard pour la Seconde Guerre mondiale. Ce fut le Mustang de série le plus rapide, mais il ne connut aucun combat pendant la guerre et servit relativement peu de temps avant que les avions à réaction ne reprennent le rôle de chasseur.
Réduisit sensiblement la masse structurelle grâce à une dérive plus haute, une cellule de construction plus légère et un moteur Merlin V-1650-9 allégé, portant la vitesse maximale à environ 423 kt. Développé pour doter l'invasion prévue du Japon d'une version du Mustang disposant d'une marge de performance suffisante face à une opposition plus rapide et de génération plus récente, un besoin que la fin de la guerre rendit caduc.

F-82 Twin Mustang
1945Un dérivé d'escorte à long rayon d'action puis de chasse de nuit, construit en assemblant deux fuselages de Mustang modifiés sur une voilure et un empennage communs, chaque poste de pilotage accueillant un pilote pour se partager la charge de travail lors des missions longues. Il remporta les premières victoires aériennes américaines de la guerre de Corée en juin 1950.
Assembla deux fuselages de Mustang allongés au moyen d'une section de voilure centrale et d'un empennage horizontal commun, conservant la motorisation Merlin ou, sur les derniers F-82, Allison, et ajoutant un radar pour le rôle de chasse de nuit. Les distances de la guerre du Pacifique dépassaient même l'autonomie du Mustang équipé de réservoirs largables pour les missions d'escorte très longues, et un second pilote réduisait la fatigue sur des vols pouvant dépasser dix heures.
Plans
- North American P-51D Mustang, National Museum of the United States Air Force
- North American P-51D Mustang, Royal Air Force Museum
- North American P-51D Mustang, Smithsonian National Air and Space Museum
- North American Mustang Mark III, Imperial War Museums
- Tuskegee Airmen National Historic Site, National Park Service
- How Much Does A P-51 Mustang Cost In 2025?, Simple Flying
- North American P-51 Mustang, Wikipedia