Compagnie aérienne
Lufthansa
LH · DLH · LUFTHANSAAllemagne
Deutsche Lufthansa AG
387
Appareils
En service au 31 décembre 2025
65,7M
Passagers
en 2025
Identité
- IATA
- LH
- OACI
- DLH
- Indicatif radio
- LUFTHANSA
- Création
- 6 janvier 1953
- Premier vol commercial
- 1 avril 1955
Entreprise
- Raison sociale
- Deutsche Lufthansa AG
- Siège
- Cologne (siège social) ; exploitation dirigée depuis l'aéroport de Francfort
- Pays
- Allemagne
- Situation
- En activité
Réseau
- Alliance
- Star Alliance, membre fondateur (1997)
- Coefficient d'occupation
- 83,4 %
Hubs et bases
Francfort-sur-le-MainFRA
Hub · depuis 1958
MunichMUC
Hub

Lufthansa est la compagnie nationale allemande et la compagnie centrale du groupe Lufthansa, l'un des plus grands groupes de transport aérien du monde. Elle est LH pour les systèmes de réservation, DLH pour le contrôle aérien et LUFTHANSA à la radio. Elle opère depuis deux hubs, Francfort et Munich, les deux aéroports les plus fréquentés du pays, et sa grue dans un cercle est l'un des plus anciens emblèmes de compagnie encore en usage.
Le nom est plus ancien que l'entreprise. La Deutsche Luft Hansa naît à Berlin en 1926, devient la compagnie nationale de la république de Weimar puis de l'État nazi, et cesse de voler en avril 1945. La société actuelle n'a avec elle aucun lien juridique. Fondée à Cologne le 6 janvier 1953 sous le nom de Luftag, elle rachète l'ancien nom et l'emblème en 1954 et reprend les vols réguliers le 1er avril 1955. Lufthansa revendique pourtant toute l'histoire ouverte en 1926, années sombres comprises, et célèbre son centenaire en 2026.
Au 31 décembre 2025, Lufthansa Airlines, comptée avec ses compagnies régionales et la compagnie de loisirs Discover, alignait 387 appareils ; sur l'année, elle a transporté 65,7 millions de passagers avec un coefficient d'occupation de 83,4 %. Le groupe qui l'entoure est bien plus vaste : SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings et une participation dans ITA Airways, soit 737 appareils et 135 millions de passagers en 2025. Lufthansa a été membre fondateur de Star Alliance en 1997, l'année même où l'État allemand a cédé ses dernières actions.
Fondation

La Deutsche Luft Hansa AG est fondée à Berlin le 6 janvier 1926. Le gouvernement allemand, qui subventionne toutes les compagnies du pays, contraint les deux plus grandes, la Deutscher Aero Lloyd et la Junkers Luftverkehr, à fusionner, et laisse disparaître les autres. Le nom évoque une Hanse des airs. La nouvelle compagnie démarre avec 162 appareils, pour la plupart dépassés, et 1 527 salariés ; le 6 avril 1926, un Fokker F.II quitte Berlin-Tempelhof pour son premier vol régulier, vers Zurich via Halle, Erfurt et Stuttgart. À la fin de l'année, elle a transporté 56 268 passagers.
Le réseau s'étend rapidement à toute l'Allemagne et à l'Europe, grâce à des accords avec les compagnies des pays voisins. La Luft Hansa est l'une des premières compagnies à voler de nuit, entre Berlin et Königsberg, et elle prend des participations à l'étranger : Deruluft avec l'Union soviétique, Syndicato Condor au Brésil, Eurasia en Chine et, par voie de coopération, la jeune Iberia en Espagne. En avril 1928, son pilote Hermann Köhl, avec le baron von Hünefeld et l'aviateur irlandais James Fitzmaurice, réussit la première traversée de l'Atlantique Nord d'est en ouest, à bord du Junkers W 33 Bremen.

Le début des années 1930 est financièrement difficile, mais la compagnie va toujours plus loin. En 1934, elle ouvre un service postal régulier entre l'Europe et l'Amérique du Sud, premier service aérien régulier au-dessus d'un océan : des hydravions Dornier Wal sont catapultés depuis des navires stationnés dans l'Atlantique Sud pour achever la traversée. En Europe, le Junkers Ju 52/3m devient la bête de somme du réseau, et des liaisons rapides relient Berlin, Hambourg, Cologne et Francfort.

En août 1938, un Focke-Wulf Fw 200 Condor relie sans escale Berlin à New York. Cette année est la meilleure de l'histoire de l'entreprise : 254 713 passagers, 19,3 millions de kilomètres parcourus sur le réseau européen. C'est aussi une compagnie profondément liée au régime. Un avion avait été mis à la disposition de Hitler pour sa campagne électorale de 1932 ; Erhard Milch, qui dirigeait la compagnie depuis 1926, devient en 1933 secrétaire d'État au ministère de l'Air de Göring ; et des historiens ont décrit l'entreprise de ces années comme une couverture pour le réarmement aérien clandestin.
Les années de guerre
Lorsque l'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939, l'activité civile de la Luft Hansa, telle qu'elle existait, prend fin. Sa flotte et la plus grande partie de son personnel passent sous le commandement de la Luftwaffe. Quelques vols réguliers de passagers subsistent en Allemagne et vers des pays occupés ou neutres, mais les places sont réservées aux besoins de la guerre, et dans les dernières années la plupart des avions de ligne sont transformés en cargos militaires. L'essentiel du travail de l'entreprise devient l'entretien et la réparation d'avions.
Ce travail repose sur le travail forcé. Pendant la guerre, la Luft Hansa emploie plus de 10 000 travailleurs forcés venus des pays occupés, dont des enfants, et, surtout entre 1940 et 1942, des travailleurs forcés juifs. Ils assemblent, réparent et entretiennent des avions, y compris militaires, et installent des équipements radar ; ils sont logés dans des baraquements gérés par la compagnie à Tempelhof et ailleurs dans Berlin, derrière des barbelés et sous garde armée. En 1999, la Lufthansa d'aujourd'hui rejoint l'initiative de l'industrie allemande pour l'indemnisation des travailleurs forcés et commande une étude historique sur sa devancière ; il lui sera reproché d'avoir mis plus de dix ans à la publier.
Les filiales étrangères disparaissent l'une après l'autre. Deruluft cesse d'exister en 1940, Eurasia est fermée par le gouvernement chinois en novembre de la même année, et le Brésil nationalise Syndicato Condor en 1943 sous le nom de Cruzeiro do Sul. Le dernier vol régulier de la Deutsche Luft Hansa, de Berlin à Munich le 21 avril 1945, s'écrase avant l'arrivée ; un ultime vol non régulier, le lendemain, met fin à l'exploitation. Après la capitulation, les Alliés saisissent tous les avions présents en Allemagne et la société est dissoute. Ses derniers actifs sont liquidés le 1er janvier 1951.
Nationalisation et reconstruction

L'Allemagne de l'Ouest n'a ni compagnie aérienne ni souveraineté sur son espace aérien lorsque, le 6 janvier 1953, est constituée à Cologne l'Aktiengesellschaft für Luftverkehrsbedarf, ou Luftag. Beaucoup de ses salariés ont travaillé pour l'ancienne Luft Hansa. Personne ne sait quand elle pourra voler, mais elle commande dès cette année-là quatre Convair CV-340 et quatre Lockheed L-1049 Super Constellation, et installe une base de maintenance à Hambourg. Le 6 août 1954, elle rachète pour 30 000 marks le nom et la grue de la Deutsche Lufthansa liquidée.
Le 1er avril 1955, Lufthansa est autorisée à ouvrir ses vols intérieurs réguliers, sur un réseau reliant Hambourg, Düsseldorf, Francfort, Cologne et Munich. Les lignes internationales suivent le 15 mai vers Londres, Paris et Madrid, et le 1er juin les Super Constellation commencent à desservir New York ; l'Atlantique Sud vient en août 1956. L'entreprise n'est plus la société nominalement privée qu'était sa devancière : c'est la compagnie de l'État, dont la République fédérale détient l'essentiel du capital.

Berlin lui reste fermé. Les quatre puissances occupantes n'autorisent aucune compagnie ouest-allemande à desservir la ville divisée, et le projet de ramener le siège et la base principale dans la capitale ne verra jamais le jour. Francfort, bien située et dotée d'un grand aéroport, devient le hub principal en 1958. En Allemagne de l'Est, une seconde « Lufthansa » est fondée en 1955 ; après avoir perdu devant les tribunaux le droit au nom au profit de la compagnie de l'Ouest, elle est dissoute et remplacée par Interflug en 1963.
L'ère du réacteur

Lufthansa commande quatre Boeing 707 en 1958 et ouvre en mars 1960 ses vols à réaction entre Francfort et New York. L'un des premiers, D-ABOB, est baptisé Hamburg ; des Boeing 720B, dérivé adapté aux pistes plus courtes, viennent ensuite pour les lignes qui l'exigent. Le réseau s'étend avec les nouveaux avions : Hong Kong et Tokyo au-delà de Bangkok en février 1961, Lagos et Johannesburg en 1962.

Le Boeing 727 arrive en 1964, et en mai Lufthansa ouvre une route polaire de Francfort à Tokyo via Anchorage. En février 1965, elle commande vingt et un Boeing 737 et devient la cliente de lancement du type, la première compagnie étrangère à lancer un avion de ligne Boeing. Le premier appareil est livré le 27 décembre 1967 et entre en service en 1968. Lufthansa exploitera le 737 sous une version ou une autre pendant près d'un demi-siècle, jusqu'au retour du dernier, un 737-300, de Milan à Francfort le 29 octobre 2016.

L'ère des gros-porteurs s'ouvre avec un vol de Boeing 747 le 26 avril 1970, premiers jumbo-jets en Allemagne. Le McDonnell Douglas DC-10-30 suit le 14 janvier 1974 et l'Airbus A300 en 1976 ; en 1979, Lufthansa et Swissair lancent l'Airbus A310 avec une commande de vingt-cinq appareils. À partir des années 1980, la flotte long-courrière s'organise autour du 747 puis de l'Airbus A340, et la compagnie devient l'une des plus fidèles clientes que le 747 ait connues.

Cette fidélité se prolonge au siècle suivant. En 2010, Lufthansa met en service le premier de ses quatorze Airbus A380, et en 2012 elle devient cliente de lancement du Boeing 747-8 Intercontinental, dont elle prendra dix-neuf exemplaires. Rares sont les compagnies à avoir exploité côte à côte les deux plus grands avions de passagers jamais construits ; fin 2025, Lufthansa comptait encore vingt-sept 747 et huit A380 en service.
Concentration et fusion
Les actions Lufthansa sont cotées sur les bourses allemandes depuis 1966, mais l'État reste pendant des décennies l'actionnaire de contrôle. En 1993, le gouvernement fédéral détient encore 51,6 % du capital. Une augmentation de capital en 1994 ramène sa part à un peu plus d'un tiers, et la compagnie est restructurée en groupe au cours des mêmes années : la maintenance devient Lufthansa Technik, le fret Lufthansa Cargo, l'informatique Lufthansa Systems. En octobre 1997, l'État cède les 37,5 % qui lui restent, et Lufthansa devient une entreprise entièrement privée.

Au printemps de la même année, le 14 mai 1997, Lufthansa, Air Canada, SAS, Thai Airways International et United Airlines avaient fondé Star Alliance, la première alliance multilatérale de compagnies aériennes. Lufthansa en est restée l'un des piliers, et la coentreprise transatlantique qu'elle forme avec United et Air Canada soutient une large part de son activité long-courrière.
À partir du milieu des années 2000, Lufthansa devient propriétaire d'autres compagnies. Swiss International Air Lines, héritière de la Swissair en faillite, entre dans le groupe en 2005. Austrian Airlines suit en 2009, et Brussels Airlines est rachetée par étapes, détenue en totalité à partir de 2017. Les vols court-courriers hors des hubs sont confiés à Germanwings à partir de 2012, puis à Eurowings, devenue la compagnie point à point du groupe. Le 17 janvier 2025, Lufthansa finalise l'acquisition de 41 % d'ITA Airways, héritière d'Alitalia, qui devient la cinquième compagnie de réseau du groupe.
Le groupe a aussi traversé ses crises. Pendant la pandémie de COVID-19, Lufthansa annule la quasi-totalité de ses vols en mars 2020 ; en juin, ses actionnaires acceptent un plan de sauvetage de 9 milliards d'euros de l'État allemand, qui reprend 20 % du capital.
Réseau et hubs

Lufthansa repose sur deux hubs et non sur un seul. Francfort, sa base principale depuis 1958, est le centre de l'exploitation et le point de départ de l'essentiel des vols long-courriers ; le Lufthansa Aviation Center, à côté de l'aéroport, abrite une grande partie de la direction, même si le siège social demeure à Cologne. Munich, le second hub, s'est développé à mesure que Francfort saturait et dispose de sa propre flotte long-courrière. Lufthansa y est actionnaire de la société propriétaire du terminal 2, un bâtiment utilisé par la compagnie et ses partenaires de Star Alliance.
Les deux hubs s'alimentent l'un l'autre et sont alimentés par le reste du groupe. SWISS à Zurich, Austrian à Vienne et Brussels Airlines à Bruxelles exploitent leurs propres hubs, et depuis fin mars 2025, ITA Airways utilise les zones de terminal du groupe Lufthansa à Francfort et à Munich. Autour d'eux gravitent les activités régionales qui acheminent les passagers des villes européennes plus modestes : Air Dolomiti et Lufthansa City Airlines, qui exploite des A320neo depuis Munich depuis 2024 et s'est installée à Francfort en février 2026.

Le réseau tient aussi par des partenaires extérieurs au groupe. Lufthansa exploite des coentreprises avec United et Air Canada sur l'Atlantique Nord, avec All Nippon Airways vers le Japon, avec Singapore Airlines et avec Air China. Et elle a mis ses passagers dans le train là où le rail fait mieux l'affaire : dans le cadre du partenariat Lufthansa Express Rail, des trajets en train de la Deutsche Bahn sont vendus comme partie d'un voyage Lufthansa.
Berlin, la ville où l'ancienne compagnie était née, n'a jamais été un hub. Lufthansa y revient quelques semaines après la réunification, en octobre 1990, mais son réseau long-courrier est resté à Francfort et à Munich, là où les choix des années 1950 l'avaient placé.
La flotte

Au 31 décembre 2025, Lufthansa Airlines, comptée comme le fait le groupe, avec ses compagnies régionales, Germanwings et Discover Airlines, alignait 387 appareils. La flotte long-courrière mêlait de façon singulière l'ancien et le neuf : vingt-sept Boeing 747 et huit Airbus A380, trente et un A350, vingt-trois A340, vingt et un A330 et douze Boeing 787. La flotte court et moyen-courrier se composait de la famille Airbus A320, et les compagnies régionales exploitaient des Embraer et des Bombardier CRJ.

Les A380 avaient déjà été rayés des effectifs. Immobilisée en 2020, la flotte entière est déclarée retirée en mars 2022, et six des quatorze appareils sont revendus à Airbus. Les retards de livraison des nouveaux long-courriers changent la donne : les huit restants sont remis en service à Munich, le dernier au premier trimestre 2025.

Leurs successeurs sont des biréacteurs. En 2025, Lufthansa Airlines a reçu sept Boeing 787-9 et un A350-900, tous équipés de la nouvelle cabine Allegris, et à la fin de l'année le carnet de commandes du groupe comptait 219 appareils, parmi lesquels des Airbus A350-1000, des Boeing 777-9, de nouveaux 787-9 et A350-900, et des Boeing 737-8 destinés au court-courrier à partir de 2028. Les premiers A350-1000 sont attendus à Munich au second semestre 2026. Deux 747-8 doivent être vendus en 2026, et le groupe prévoit de retirer entièrement le 747-400, l'A340 et l'A330-200.

Lufthansa Cargo exploite sa propre flotte de dix-huit Boeing 777F, dont une partie par l'intermédiaire d'AeroLogic, compagnie cargo dont le groupe détient la moitié du capital, et Lufthansa Technik, à Hambourg, entretient non seulement les avions du groupe mais aussi ceux d'autres exploitants dans le monde entier.
Cabines et service
Lufthansa vend quatre classes sur long-courrier (First, Business, Premium Economy et Economy) et deux en Europe, où la Business Class occupe l'avant de la même cabine monocouloir que l'Economy. Son produit haut de gamme est depuis longtemps son argument commercial : le First Class Terminal de Francfort a été désigné meilleur salon de première classe du monde aux Skytrax World Airline Awards en juin 2025.
La réputation de ses cabines n'a pas toujours été constante. En décembre 2017, Lufthansa devient la première compagnie européenne à recevoir la note de cinq étoiles de Skytrax, décernée en partie pour une nouvelle classe Affaires annoncée mais pas encore installée ; le siège prend des années de retard, et en mai 2022 la note est ramenée à quatre étoiles.

Ce siège, et la cabine qui l'entoure, sont devenus Allegris. Lancée en 2024, cette génération remplace toutes les classes de la flotte long-courrière, avec plusieurs types de sièges en Business Class et une cabine First Class sur A350. Fin 2025, dix A350-900 basés à Munich et quatre Boeing 787-9 basés à Francfort en étaient équipés, et les appareils plus anciens sont en cours de réaménagement. En Economy sur 787-9, les sièges sont disposés à neuf de front, avec un écran à chaque place.
Livrée et identité

La grue est plus ancienne que Lufthansa, et même que la Luft Hansa. Le graphiste Otto Firle dessine en 1918 cet oiseau stylisé en vol pour la Deutsche Luft-Reederei, première compagnie aérienne allemande, qui commence à voler le 5 février 1919. La Deutsche Luft Hansa le reprend en 1926, et lorsque la Luftag rachète l'ancien nom en 1954, elle rachète la grue avec lui, revendiquant délibérément une continuité que le droit ne lui donnait pas.

L'emblème est redessiné dans les années 1960, et en 1967 le designer Otl Aicher dote la compagnie d'une identité visuelle complète. La grue est désormais toujours inscrite dans un cercle, jaune sur la dérive bleue des avions ; l'Helvetica compose le nom sur le fuselage et dans toutes les publications ; le bleu et le jaune sont les couleurs. Le système d'Aicher traverse un demi-siècle avec de simples retouches. La livrée de 1988 supprime le bandeau des hublots et peint le fuselage en gris, mais garde tout le reste.

En février 2018, Lufthansa change de livrée. La grue reste dans son cercle, mais le jaune disparaît : la dérive et l'arrière du fuselage passent au bleu foncé, le reste de l'avion au blanc, le nom en bleu foncé au-dessus des hublots. Côté patrimoine, la compagnie a aussi peint un Boeing 747-8 aux couleurs rétro des années 1970 et conservé un Junkers Ju 52, D-AQUI, aux marques des années 1930.
Sécurité
Le premier accident mortel de la Lufthansa d'après-guerre survient le 11 janvier 1959 : un Super Constellation en approche de Rio de Janeiro descend trop bas et s'écrase près du rivage ; trente-six des trente-neuf occupants sont tués. Le plus meurtrier de l'histoire de la compagnie suit le 20 novembre 1974 à Nairobi, où le Boeing 747 D-ABYB décolle becs de bord d'attaque rentrés, décroche et s'écrase juste après la piste. Cinquante-neuf des 157 personnes à bord périssent. C'est le premier accident mortel de l'histoire du 747.
Le 14 septembre 1993, un Airbus A320 qui se pose à Varsovie, l'équipage s'appuyant sur un bulletin météo périmé annonçant un vent de travers là où soufflait en réalité un vent arrière, touche la piste trop vite et trop loin, ne peut déployer à temps ses spoilers et ses inverseurs, et sort en bout de piste contre un talus. Le copilote et un passager sont tués ; soixante-huit personnes survivent.

Les avions de Lufthansa ont aussi été la cible du terrorisme. En octobre 1977, pendant l'« Automne allemand », quatre membres du Front populaire de libération de la Palestine détournent le Boeing 737 Landshut, vol LH181 de Palma de Majorque à Francfort, pour obtenir la libération de prisonniers de la Fraction armée rouge. Le commandant de bord, Jürgen Schumann, est assassiné à Aden. À Mogadiscio, aux premières heures du 18 octobre, l'unité ouest-allemande GSG 9 donne l'assaut ; trois pirates de l'air sont tués, et les quatre-vingt-sept passagers et les quatre membres d'équipage restants sont libérés.

Le jour le plus sombre du groupe est le 24 mars 2015. Le vol Germanwings 9525, un Airbus A320 reliant Barcelone à Düsseldorf pour la filiale à bas coûts de Lufthansa, percute une montagne dans les Alpes françaises ; les 150 personnes à bord sont tuées. Les enquêteurs français du BEA établissent que le copilote, qui avait caché une maladie psychique à son employeur, a verrouillé la porte du cockpit en l'absence du commandant et engagé délibérément l'avion en descente. Le président du directoire de Lufthansa parle du jour le plus sombre de l'histoire de l'entreprise. L'enquête a conduit à réexaminer la surveillance de l'aptitude médicale des pilotes.
Postérité

Lufthansa porte deux histoires sous un même nom. La première, elle la raconte volontiers : la compagnie qui a reconstruit à partir de rien l'aviation civile allemande en 1955, lancé le Boeing 737, exploité le 747 pendant plus d'un demi-siècle et fait de Francfort l'un des grands carrefours du transport aérien mondial. La seconde est celle de l'entreprise dont elle a racheté le nom, qui a volé pour l'État nazi et employé des travailleurs forcés dans ses hangars. Lufthansa a choisi de revendiquer les deux, et le débat sur la manière dont elle a affronté la seconde ne s'est jamais tout à fait refermé.
Ce qu'elle a bâti après la guerre repose sur deux choix : faire d'une alliance le cadre de son réseau, et racheter d'autres compagnies nationales en leur laissant leur nom, leurs équipages et leurs livrées : SWISS est restée suisse, Austrian autrichienne. En 2025, le groupe né de la compagnie a transporté 135 millions de passagers.

En cette année de centenaire, Lufthansa est aussi une compagnie en transition : sa flotte long-courrière compte encore des quadriréacteurs que bien des compagnies ont déjà retirés, à côté de Boeing 787 et d'Airbus A350 neufs alors que le groupe se prépare à recevoir près d'un avion neuf par semaine. Le Junkers Ju 52 aux marques des années 1930 et le Boeing 747-8 aux couleurs des années 1970 sont là pour dire que la grue sur la dérive a toujours désigné la même compagnie. L'histoire dit que c'est plus compliqué, et cette histoire fait elle aussi partie de la compagnie.
La flotte
En service au 31 décembre 2025
Long-courrier
Total122
Moyen-courrier
Airbus A321
54
Airbus A321neo
18
Airbus A320
62
Airbus A320neo
41
Airbus A319
40
Total215
Régional
Embraer
27
Bombardier CRJ
23
Total50
Cabines
First Class
La plus petite cabine, proposée sur une partie de la flotte long-courrière, avec à Francfort un terminal réservé aux passagers de First Class au départ. La génération Allegris installe la First Class sur A350 ; l'A350-1000 doit en être équipé à partir de 2026.
Disponible surCertains appareils long-courriers
Business Class
Sur long-courrier, un siège transformable en lit plat ; la version Allegris, installée sur les Boeing 787-9 et Airbus A350-900 neufs et en cours de rétrofit, propose plusieurs types de sièges dans une même cabine. Sur les lignes européennes, la Business Class occupe l'avant d'une cabine monocouloir.
Disponible surTous les long-courriers ; premiers rangs en Europe
Premium Economy
Une cabine distincte entre Business et Economy sur les long-courriers, aux sièges plus larges et plus espacés.
Disponible surAppareils long-courriers
Economy Class
La cabine principale de chaque appareil. Sur Boeing 787-9, elle compte neuf sièges de front, chacun doté d'un écran individuel.
Filiales
- SWISS
- Swiss International Air Lines et sa compagnie de loisirs Edelweiss ; dans le groupe depuis 2005.
- Austrian Airlines
- La compagnie nationale autrichienne, basée à Vienne, acquise en 2009.
- Brussels Airlines
- La compagnie belge, rachetée par étapes et détenue à cent pour cent depuis 2017.
- ITA Airways
- La compagnie nationale italienne ; une participation de 41 % a été acquise le 17 janvier 2025.
- Eurowings
- La compagnie point à point du groupe, basée à Düsseldorf.
- Discover Airlines
- La compagnie de loisirs allemande du groupe, sur A330 et A320.
- Air Dolomiti
- Compagnie régionale italienne exploitant des Embraer pour Lufthansa depuis Munich et Francfort.
- Lufthansa City Airlines
- Compagnie régionale exploitant A319 et A320neo depuis Munich, et depuis Francfort à partir de février 2026.
- Lufthansa Cargo
- La compagnie de fret, sur Boeing 777F au départ de Francfort.
- Lufthansa Technik
- Maintenance, réparation et révision, basée à Hambourg.
Généalogie
D'où vient Lufthansa. La Deutsche Luft Hansa naquit en 1926 de la fusion du Deutscher Aero Lloyd, lui-même issu de la Deutsche Luft-Reederei de 1917, et de Junkers Luftverkehr. Elle disparut après la Seconde Guerre mondiale et fut liquidée en 1951 ; la Luftag, fondée en 1953, reprit son nom et ses couleurs sous la raison sociale Deutsche Lufthansa AG en 1954. La lignée chaude est celle que l'entreprise revendique : d'où son centenaire célébré en 2026, même si la compagnie d'après-guerre est une société nouvelle et non la même prolongée.
Faites défiler pour voir le schéma en entier
Chronologie
6 janvier 1926
Fondation de la Deutsche Luft Hansa
La Deutscher Aero Lloyd et la Junkers Luftverkehr fusionnent à Berlin en une seule compagnie nationale.
6 avril 1926
Premier vol régulier
Un Fokker F.II quitte Berlin-Tempelhof pour Zurich via Halle, Erfurt et Stuttgart.
1934
Poste aérienne régulière sur l'Atlantique Sud
Premier service aérien régulier au-dessus d'un océan, assuré par des hydravions Dornier Wal lancés par catapulte.
août 1938
Berlin-New York sans escale
Un Focke-Wulf Fw 200 Condor relie les deux villes sans escale.
1 septembre 1939
Placée sous l'autorité de la Luftwaffe
À la déclaration de guerre, la flotte et la plupart des salariés passent sous commandement militaire.
21 avril 1945
Dernier vol régulier de la Deutsche Luft Hansa
La société est dissoute après la capitulation ; ses derniers actifs sont liquidés le 1er janvier 1951.
6 janvier 1953
Fondation de la Luftag à Cologne
6 août 1954
La Luftag rachète le nom et la grue de Lufthansa
1 avril 1955
Reprise des vols réguliers
Les lignes intérieures relient Hambourg, Düsseldorf, Francfort, Cologne et Munich ; New York suit le 1er juin.
mars 1960
Premiers vols à réaction
Les Boeing 707 commencent à relier Francfort et New York.
1968
Cliente de lancement du Boeing 737
Le premier 737, livré le 27 décembre 1967, entre en service.
26 avril 1970
Mise en service du Boeing 747
18 octobre 1977
Libération du Landshut à Mogadiscio
14 mai 1997
Fondation de Star Alliance
Lufthansa, Air Canada, SAS, Thai Airways International et United Airlines forment la première alliance multilatérale de compagnies aériennes.
octobre 1997
Privatisation achevée
L'État fédéral cède les 37,5 % qui lui restaient.
2005
SWISS rejoint le groupe
2009
Acquisition d'Austrian Airlines
2010
Premier Airbus A380
2012
Cliente de lancement du Boeing 747-8 Intercontinental
24 mars 2015
Vol Germanwings 9525
L'accident le plus meurtrier du groupe : 150 personnes tuées dans les Alpes françaises.
février 2018
Une nouvelle livrée bleu foncé
17 janvier 2025
Acquisition de 41 % d'ITA Airways
Accidents et événements marquants
Consignés comme les enquêteurs les ont consignés : ce qui s'est passé, où, et combien de personnes ont péri. Accidents mortels et événements qui ont changé la compagnie, par ordre chronologique.
11 janvier 1959
LH502
Lockheed L-1049G Super ConstellationRio de Janeiro, Brésil
En approche de l'aéroport de Galeão sous la pluie, sur un vol en provenance de Hambourg, l'appareil est descendu trop bas, a touché l'eau et s'est écrasé près du rivage. Les 29 passagers et sept des dix membres d'équipage ont été tués. L'enquête n'a pu établir la cause avec certitude et a retenu l'erreur de pilotage comme la plus probable.
36 morts39 personnes à bord
20 novembre 1974
LH540
Boeing 747-130Nairobi, Kenya
L'appareil a décollé pour Johannesburg becs de bord d'attaque rentrés, n'a pas pu prendre d'altitude, s'est écrasé juste après la piste et a pris feu. Cinquante-quatre passagers et cinq membres d'équipage ont été tués. Ce fut le premier accident mortel d'un Boeing 747, et il reste le plus meurtrier de l'histoire de Lufthansa.
59 morts157 personnes à bord
13 octobre 1977
LH181
Boeing 737-230CDétourné au-dessus de la Méditerranée ; dénouement à Mogadiscio, Somalie
Quatre membres du Front populaire de libération de la Palestine ont détourné le Landshut sur un vol Palma de Majorque-Francfort pour exiger la libération de prisonniers de la Fraction armée rouge. Le commandant de bord, Jürgen Schumann, a été assassiné à Aden. Le 18 octobre, l'unité GSG 9 a donné l'assaut à Mogadiscio et tué trois pirates de l'air ; les 87 passagers et quatre membres d'équipage ont été libérés.
14 septembre 1993
LH2904
Airbus A320-200Varsovie, Pologne
À l'atterrissage d'un vol en provenance de Francfort, sur la foi d'un bulletin de vent périmé, l'appareil a touché la piste trop vite et trop loin, par vent arrière. Spoilers, inverseurs et freins sont intervenus tardivement ; il est sorti en bout de piste, a heurté un talus et pris feu. Le copilote et un passager ont été tués.
2 morts70 personnes à bord
24 mars 2015
4U9525
Airbus A320-200 (Germanwings)Prads-Haute-Bléone, Alpes françaises, France
Vol assuré par Germanwings, filiale de Lufthansa, de Barcelone à Düsseldorf. Le BEA a établi que le copilote, seul dans le poste de pilotage, en a verrouillé la porte et a délibérément dirigé l'avion contre la montagne. Les 144 passagers et six membres d'équipage ont été tués.
150 morts150 personnes à bord
Dans le catalogue
Les appareils au cœur de l'histoire de cette compagnie, tels que l'encyclopédie les recense.
Compagnies liées
- Annual Report 2025, Lufthansa Group
- Lufthansa Group increases operating profit by 20 percent and achieves highest revenue in company history, Lufthansa Group
- Final report: Accident on 24 March 2015 at Prads-Haute-Bléone (Alpes-de-Haute-Provence, France) to the Airbus A320-211 registered D-AIPX operated by Germanwings, BEA — Bureau d'Enquêtes et d'Analyses pour la sécurité de l'aviation civile
- Deutsche Lufthansa AG, International Directory of Company Histories, via Encyclopedia.com
- Government clears way for full Lufthansa privatisation, FlightGlobal
- Lufthansa, Wikipedia
- Deutsche Luft Hansa, Wikipedia
- Lufthansa Flight 502, Wikipedia
- Lufthansa Flight 540, Wikipedia
- Lufthansa Flight 181, Wikipedia
Vérifié le 15 septembre 2026

